Forceps de Tarnier

Le forceps (du nom latin tenaille) est un instrument d’extraction du fœtus hors des voies génitales. Il s’agit d’un instrument à branches croisées.

Il est composé de deux branches et d’un tracteur :

  • Chaque branche comporte une cuillère, une entablure et un manche. La cuillère constitue la partie essentielle du forceps. Elle est formée d’une spatule évidée appelée « fenêtre ». L’entablure fait suite à la cuillère ; elle n’existe que dans les forceps croisés et permet l’articulation des branches. L’articulation se fait par vis que l’on serre de façon ferme mais non excessive. La branche gauche, dite mâle, est toujours la branche porteuse du pivot à vis. La branche droite, dite femelle, est porteuse de l’encoche recevant le système d’articulation. Le manche présente à son extrémité distale un crochet dirigé vers l’extérieur pour empêcher les mains de glisser et faciliter la prise lors de son introduction.
  • Le système de traction comporte 3 parties : une tige horizontale distale terminée par une douille munie d’un curseur qui permet l’articulation avec les tigelles ; elle s’articule avec une tige verticale intermédiaire qui est articulée avec le centre d’un cylindre horizontal qu’on appelle palonnier sur lequel s’effectue la traction des deux mains. Toutes les articulations de ces pièces sont mobiles laissant le jeu des branches indépendant de la traction.

 

L’idée d’extraire le foetus par les voies naturelles à l’aide de pinces spéciales est fort ancienne, mais pendant très longtemps, pareille opération resta incompatible avec la survie de l’enfant, que l’on considérait comme inévitablement voué à la mort, quand on devait employer des instruments métalliques.

  • Le véritable inventeur du forceps a été Peter Chamberlen, nom de deux frères Pierre le Vieux (1560-1631) et Pierre le Jeune (1572-1626), inventeurs du forceps obstétrical. Ils furent les premiers à séparer complètement les deux branches de la pince pour pouvoir les introduire isolément dans les voies génitales et les articuler ensuite. Le secret de cette invention a été gardé pendant un siècle.
  • En 1747 André LEVRET apporta le premier une modification importante au forceps de Chamberlen en créant la courbure pelvienne qui permet la prise de foetus demeurés hauts dans l’excavation.
  • En 1877, Stéphane Etienne Tarnier améliore le forceps croisé en lui adjoignant un tracteur. Ce système particulièrement ingénieux permet enfin d’exercer les tractions sur la tête de l’enfant suivant l’axe de l’excavation pelvienne maternelle, ce qui n’avait jamais été possible antérieurement.
  • En 1899, Demelin pour réduire la compression sur la tête fœtale a proposé un forceps à branches parallèles avec des cuillères à grande courbure céphalique. Pour éviter le dérapage des cuillères il a ajouté une traverse plus longue que les grands diamètres pelviens afin d’obtenir un forceps à branches convergentes. Plusieurs tailles de forceps de Demelin ont été réalisées en fonction de la longueur des manches. Dans ses premiers modèles Demelin avait ajouté des tiges de traction. Dans le modèle Suzor le système de traction a été supprimé et remplacé par la possibilité de passer des lacs au niveau des cuillères.

Stéphane Étienne Tarnier (1828 – 1897) est un médecin et obstétricien français. Il commence ses études de médecine à Dijon, puis vient à Paris où il est reçu interne titulaire en second en 1852, devant Léon Lefort. Il est nommé professeur à la Faculté de médecine de Paris en 1884.

Il est l’inventeur de plusieurs instruments obstétricaux, dont le forceps dit « de Tarnier ». Il recommande à ses élèves – dont Paul Bar – de mettre en application lors des accouchements les pratiques d’asepsie introduites par Ignace Philippe Semmelweis et Joseph Lister. Il a aussi imaginé la couveuse (ou incubateur).

La majorité de ses travaux en obstétrique sont groupés dans un ouvrage intitulé « Traité de l’art des accouchements », par les professeurs S. Tarnier et P.C. Butin.

Matériaux - Techniques
Métal nickelé
Fabricant / Période
Collin (5656 Breveté S.G.D.G.)
1877
Dimensions

L : 41 cm ; L : 8 cm

État
Moyen : éclats sur le métal
Destination

On utilise les forceps en fin d'accouchement, pour écarter les parois vaginales. Ce sont des instruments que l'on privilégie pour accélérer la naissance.
L'indication du forceps est surtout liée à des difficultés de l'enfant à sortir quand il est déjà bien engagé dans le bassin de la mère :
- quand l'accouchement prend plus de temps que prévu et que les efforts expulsifs sont inefficaces ;
- si les contractions ne sont plus efficaces au moment de l'expulsion ;
- dans le cas de certaines naissances prématurées ;
- en cas de fatigue de la mère ou du bébé avec anomalie du rythme cardiaque fœtal et/ou suspicion de souffrance fœtale ;
- en cas de pathologie maternelle.

Précision d'utilisation

L’intérêt du tracteur selon Tarnier est multiple : il permet d’appliquer la force de traction au centre géométrique de la présentation, permet de diriger la force suivant l’axe de l’excavation et permet d’effectuer des tractions sans agir sur l’appareil préhenseur pour laisser « évoluer librement la tête ».

Ce type de forceps est encore utilisé dans les pays francophones.

Date d'acquisition
23/11/2013
Origine des dons
Service d'obstétrique CHU de Rennes
Numéro d'inventaire
CPHR - 2017.16
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes