Défibrillateur du Dr Nahas

Cet appareil permet d’envoyer un choc électrique sur un ventricule cardiaque pendant une intervention à cœur ouvert pour le faire repartir ou pour traiter une fibrillation ventriculaire.

Il se compose d’un coffret de tôle blanche muni d’une poignée. Sur la face supérieure, un bouton permet de régler l’intensité du courant en fonction du sujet (nourrisson, enfants, adolescents et adultes), un autre bouton règle la durée de passage du courant.

Une fiche permet de connecter deux cuillères métalliques.

Un bouton contact marqué défibrillation est utilisé pour lancer la procédure.

L’appareil peut aussi être utilisé pour réaliser une fibrillation expérimentale chez l’animal. Un bouton marqué fibrillation peut être déplacé lentement jusqu’à ce qu’on obtienne la fibrillation.

Une plaque sur le dessus de l’appareil résume les différents temps des procédures de défibrillation et de fibrillation.

C’est Jean-Louis Prévost (1838-1927) et Fédérico Battelli (1867-1941) qui en 1899 réalisent les premiers chocs électriques sur des animaux et démontrent que l’on peut arrêter le cœur mais aussi le relancer quand il est en état de fibrillation ventriculaire.

La première défibrillation cardiaque  réalisée avec succès au cours d’une intervention chirurgicale a été faite en 1947 par le chirurgien cardiaque américain Claude Beck (1894-1971).

« À l’hôpital universitaire de Cleveland, le chirurgien Claude Beck vient d’opérer un adolescent de 14 ans d’une déformation congénitale de la cage thoracique. L’opération d’une durée de deux heures s’est bien passée mais au moment où le chirurgien suture l’incision de 35 centimètres, le cœur du jeune homme s’arrête. Beck saisit un scalpel, rouvre les sutures, entoure le cœur de sa main et le masse en rythme. Il sent le tremblement inefficace du cœur : en 1947, personne ne survit à ces troubles du rythme cardiaque que l’on nomme fibrillation ventriculaire.

Toutefois Beck ne se démonte pas. Il fait administrer de l’adrénaline et de la digitaline, et demande calmement un électrocardiogramme et un défibrillateur, tout en continuant à masser le cœur de l’adolescent. Il faut 35 minutes pour obtenir un électrocardiogramme, dont le tracé vacillant et totalement désorganisé confirme le diagnostic de fibrillation ventriculaire. Dix minutes plus tard, les assistants apportent un défibrillateur expérimental mis au point par Beck et ses collègues. Le chirurgien pose deux électrodes directement sur le cœur du jeune homme. À l’aide du choc électrique, il espère arrêter momentanément le cœur, afin d’interrompre les contractions chaotiques. Les cellules du muscle cardiaque ont ainsi une chance de reprendre leur activité rythmique synchronisée. Le premier choc reste toutefois sans effet, et Beck reprend le massage à thorax ouvert, tout en demandant l’administration de médications complémentaires. Vingt-cinq minutes s’écoulent, puis Beck demande l’application d’un second choc, qui, cette fois, engendre un rythme normal. Trois heures après, l’adolescent, réveillé, répond normalement aux questions qu’on lui pose ; il se rétablira ensuite parfaitement. »

Source : https://www.pourlascience.fr/sr/article/histoire-de-defibrillation-5148.php

Le docteur Nahas est un  professeur de l’Université de Minnesota à Minneapolis et directeur du laboratoire cardiorespiratoire de l’hôpital Walter Reed à Washington.

Michel Mirowski (1924-1990) médecin de Tel Aviv émigré aux États-Unis, met au point le premier défibrillateur cardiaque implantable en 1970. Cet appareil enregistre en continu le rythme cardiaque, détecte les troubles du rythme et envoie éventuellement un choc électrique.

 

 

 

Matériaux - Techniques
Tôle, métal, fils électriques
Fabricant / Période
Chimico-France Paris
ca 1950
Dimensions

H : 13 cm ; L : 32 cm ; P : 22 cm

État
Bon
Destination

L'appareil est utilisé pour traiter un trouble grave du rythme cardiaque appelé fibrillation ventriculaire : chaque fibre musculaire cardiaque se contracte de façon anarchique ce qui rend la contraction du cœur totalement inefficace.

L'appareil peut aussi être utilisé pour faire repartir le cœur que le chirurgien a du arrêter pour réaliser une chirurgie à cœur ouvert sous circulation extracorporelle.

Précision d'utilisation

Les deux cuillères sont placées de part et d'autre du ventricule cardiaque et un courant alternatif de 127 volts et d'une intensité d'au moins 1.5 ampère est envoyé en appuyant sur le contact "défibrillation".

Date d'acquisition
09/09/2020
Origine des dons
Docteur Madeleine Chapuis
Numéro d'inventaire
CPHR - 2020.22
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes