Bistouri lancette à cornée

 

Il est composé d’une lame en acier bleui montée sur un manche en ivoire à 8 pans. Il porte sur le manche l’inscription Charrière.

Le terme “cataracte” vient de la traduction latine du terme “déluge d’eau”, nom par lequel les arabes appelaient cette mauvaise vision. Jusqu’au XIXe siècle, l’opération traditionnelle pratiquée, et qui fut celle que subit Bach, fut l’abaissement du cristallin déjà décrit par le romain Aulus Cornelius Celsus du temps de Néron. Il s’agit de faire basculer dans le corps vitré le cristallin devenu blanc et opaque par le biais de l’introduction, sans anesthésie, d’instruments pointus, le plus souvent une aiguille. L’aiguille à cataracte était décrite comme “l’instrument usité pour opérer la dépression ou le broiement du cristallin devenu opaque. Autrefois, cette aiguille était composée d’une tige déliée et conique d’argent ou d’or disposée de manière à pouvoir être vissée, quand on voulait en faire usage, sur un manche octogone et creux qui lui servait ensuite d’étui” (Louis Jacques Bégin, Dictionnaire des termes de médecine et chirurgie, Paris, 1823). Au XIIe siècle, Omar ben Ali el Mausli prônait l’extraction du cristallin par aspiration buccale dans une aiguille creuse. Au XVIe siècle, le provençal Pierre Franco (1505-1578), en outre créateur de la taille hypogastrique (et de la cure chirurgicale des hernies avec conservation du testicule) théorise avec soin cette opération, et se trouve souvent décrit comme le père de l’opération moderne de la cataracte, quand bien même il ne fait que continuer la pratique ancestrale de l’abaissement par aiguille. En France, c’est le chirurgien Jacques Daviel (1693-1762) qui, en 1748, érigea en méthode
l’extraction du cristallin à travers une incision de la cornée, technique qui perdura jusqu’à la fin
du XXe siècle.

Frédéric Charrière, né en Suisse et naturalisé français en 1843,fut le plus grand coutelier de son siècle dans le domaine de la chirurgie. Il créa de nouveaux instruments à la demande des chirurgiens et n’hésita pas à assister à des opérations pour mieux comprendre les besoins de ses clients. En 1841, il fut chargé par le ministre de la guerre de confectionner un modèle de trousse pour les chirurgiens de l’armée. En 1844, il constitua une collection complète d’instruments de chirurgie, regroupée dans une vitrine et mise à la disposition des professeurs de la faculté de médecine de Paris.

Matériaux - Techniques
Métal, ivoire
Fabricant / Période
Charrière
1772
Dimensions

L : 12 cm

État
Bon
Destination

Chirurgie de la cataracte

Date d'acquisition
29/05/2012
Origine des dons
Docteur Guy Gaboriau
Numéro d'inventaire
CPHR - 2012.279
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes