Coffret d’électrothérapie

La coffret d’électrothérapie, ou appareil d’induction Volta Faradique, se présente sous la forme d’une boite en acajou verni. Le couvercle est solidaire du fond par une charnière en laiton. Sur l’épaisseur des faces latérales, des bornes métalliques sont repérées par des indications gravées dans la masse du bois. Elles sont numérotées de de 1 à 5 ou notées “N” et “P”. Sur la face antérieure se trouve une cavité cerclée de métal.

Le coffret contient :

  • une pile en verre bleu gravée “pile G. Trouvé, marque de fabrique eureka Btée S.G.D.G”
  • une bobine d’induction avec un index mobile se déplaçant devant une échelle graduée centrée sur la valeur 12 (VITE) et pouvant atteindre 7 aux deux extrémités de l’échelle (L). La bobine est emboîtée dans la cavité métallique de la face antérieure du coffret
  • des électrodes : une en forme d’olive, deux en forme de calotte sphérique montées sur des poignées isolantes en bois et un pinceau métallique
  • des cordons de connexion électrique à fils isolés se terminant par des pointes ou des crochets métalliques

Sur le couvercle du coffret, une étiquette mentionne :

APPAREIL TROUVE
Breveté S. G. D. G.
Marque de Fabrique εύρηκα

εύρηκα (eureka) : “J’ai trouvé” en caractères grecs anciens. Ce qui fait allusion au nom de l’inventeur G. Trouvé.

 

 

Depuis fort longtemps, le recours à électricité existe dans la prise en charge médicale de certaines pathologies. En l’an 15 avant J.-C., l’empereur romain Tibérius, souffrant de douleurs chroniques, est soigné par l’utilisation d’un poisson-raie électrique ou torpedo.

Au XVIIIe siècle, Benjamin Franklin (1706-1790) découvre l’électricité. Dès 1743, le médecin allemand Johan Gottlob Krüger (1715-1759) publie un essai sur les applications thérapeutiques de l’électricité chez les sujets paralysés. Il est considéré comme le père de l’électrothérapie moderne. Puis Luigi Galvani (1737-1798) et Michael Faraday (1791-1867) s’intéressent aux possibilités thérapeutiques de l’électricité. En 1800 Alessandro Volta (1745-1827) met au point la première pile utilisant deux électrodes métalliques plongeant dans un bain de saumure. En 1866, Georges Leclanché (1839-1882) invente la pile sèche, qui sera la première à être fabriquée en série.

Sous l’influence de Ernest Onimus (1840-1915), médecin psychiatre et psychologue, Gustave Trouvé (1839-1902) produit une trousse médicale délivrant de l’électricité pour engendrer une excitation sur les muscles et les nerfs.

G. Trouvé fabrique de nombreux appareillages médicaux électriques : le polyscope ou premier endoscope  électrique, un réflecteur avec miroir pour examen rhino-pharyngé, un dispositif pour repérer un projectile dans une plaie, un cautère à anse coupante, une électro-fraise, …. Lors de l’exposition universelle de Paris en 1878, G. Trouvé reçoit la médaille d’or de la ville de Paris.  Au cours de la mise au point d’un radiateur électrique, G.Trouvé se blesse et décède quelques jours plus tard d’une septicémie.

G. Trouvé est considéré comme le “Thomas Edison français”.

Pendant la guerre 1914-1918, l’électrothérapie médicale est indiquée pour les soldats commotionnés atteints de psychonévrose de guerre avec paralysie des membres, tremblements incessants, prostration, troubles de la posture (plicatures).

 

Matériaux - Techniques
Bois (dont acajou), métal, verre
Fabricant / Période
Gustave Trouvé 6 rue Thérèse Paris
Seconde moitié du XIXe siècle
Dimensions

H : 4,5 cm ; L : 17 cm ; P : 9,5 cm

État
Moyen : oxydation, altération des cordons et absence d'un cordon
Destination

L'usage de cet équipement repose sur le principe supposé des décharges électriques à haute tension qui procureraient un bienfait pour guérir la plupart des maladies, notamment dans le domaine de la neurophysiologie. Les impulsions électriques sont produites par un générateur de courant faradique (courant alternatif) et sont délivrées au moyen d'électrodes sur la peau à proximité des zones à traiter.
Les décharges électriques sont principalement employées en rééducation fonctionnelle dans le traitement des traumatismes du système nerveux et dans le traitement des douleurs chroniques (lombalgie, arthrose, tendinite, algodystrophie, lésions nerveuses, douleurs d'amputation...) ou aiguës (fractures, douleurs musculaires traumatiques).

Précision d'utilisation

Le courant électrique peut être délivré en mode continu ou en mode alternatif qui se révèle plus efficace pour déclencher une contraction musculaire et n'entraîne pas l'"effet chauffant" (brûlures).

Date d'acquisition
05/03/2019
Origine des dons
Christian Marchadour
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes