Machine à coudre “Maquaire”

Cette machine à coudre avec piètement en fonte comporte un tablier de bois à deux niveaux, démontable pour travailler plus aisément les grosses pièces ou les pièces complexes. Elle est surmontée de l’appareillage à navette.

Elle fonctionne à l’aide d’une manivelle et utilise un système de pédalier.
La pédale, qu’on actionne avec le pied, génère un mouvement qui entraîne le mécanisme de la couture : l’action sur le volant entraîne un mouvement de la bielle, grâce au passage d’une courroie qui relie le petit volant de la machine au volant présent à côté de la pédale, cette bielle entraîne l’aiguille dans un mouvement vertical : l’aiguille monte et descend en piquant le tissu. Le mouvement de la pédale est très cadencé :

  • en tournant à la main le volant supérieur, on entraîne un début de mouvement de balancier au niveau de la pédale, qu’il suffit ensuite de suivre du pied,
  • le tout est de garder le même rythme pour obtenir des points parfaitement réguliers.
  • le tissu lui-même n’est pas entraîné par des griffes : c’est l’opérateur qui, des deux mains, doit le faire avancer.

Elle porte une inscription sur plaque de cuivre ronde “Maison des agences réunies . Importation directe de machines à coudre & autres . 39 numéro à rappeler . Machine de précision . Réglée par Maquaire  5, Boulevard de Strasbourg Paris“.

Sur la pédale il est possible de lire “Machine de précision réglée par Maquaire A. Paris”.

Et sur la pièce qui la surmonte ” JAM & CO”.

Les premiers inventeurs d’une « machine à coudre », l’Américain Elias Howe, l’Allemand Balthasar Krems, l’Anglais Thomas Saint et l’Autrichien Joseph Maderspeger sont, aujourd’hui, pratiquement oubliés.

La première machine à coudre véritablement pratique est attribuée à un tailleur français originaire de la région lyonnaise, installé rue des Forges à Saint-Étienne, Barthélemy Thimonnier. Il dépose en 1830 le premier brevet d’une « mécanique à coudre » (ou « métier à coudre ») construite en bois, à un fil continu, en point de chaînette, cousant 200 points à la minute. Il en fabrique 80 exemplaires pour honorer une commande d’uniformes de l’armée. Beaucoup d’inventeurs de cette époque misent sur la reproduction du mouvement de la main, ce qui limite la couture à une simple aiguille (Madesperger notamment dont la machine s’appelait « La main qui coud »).

À l’Exposition universelle de Paris de 1878, la Légion d’honneur fut décernée à Benjamin Peugeot, constructeur de machine à coudre.

En 1871 l’allemand Kayser imagine un dispositif qui permet de déplacer l’aiguille transversalement afin d’obtenir une couture en zig-zag. En Alsace Caroline Garcin, imagine un moteur à ressort, car, à cette époque, l’électricité ne pouvait encore être produite que par des piles encombrantes et onéreuses.

En 1873, Ward invente l’ancêtre de la machine à bras libre utilisée par la marque suisse Elna pour coudre manches et jambes de pantalon.

En 1937, Pfad ajoute à cette machine un moteur.

En 1834 l’américain Walter Hunt est le premier à utiliser une canette, et donc utilise deux fils. Cette idée est reprise et améliorée par Elias Howe qui dépose un brevet en 1846 mais n’obtient aucun succès et part en Angleterre pour tenter de l’exploiter. Isaac Merrit Singer perfectionne en 1851 une machine qu’il doit réparer, ce qui lui permet de déposer le 12 août 1851 un premier brevet et de créer la même année la I.M. Singer & Co qui vend des machines à coudre à usage domestique, ce qui lui apporte le succès.

Matériaux - Techniques
Bois, fonte, cuivre, métal divers
Fabricant / Période
Amédée Maquaire (1860-1902) 5 boulevard de Strasbourg Paris.
Seconde partie du XIXe siècle.
Dimensions

H : 110 cm ; L : 95 cm ; P : 50 cm

État
Très bon état et fonctionnelle. Elle a été restaurée en 2016 par E. J.
Destination

Elle a été acquise au Centre hospitalier de Rennes, d'abord pour le cordonnier, puis a été récupérée par les prothésistes pour la fabrication, la réparation des prothèses et autres appareillages.

Précision d'utilisation

Témoignage d'E. J. concernant la période 1960-1970.
" Cette machine permettait de réparer ou même de confectionner dans la journée, l'appareillage nécessaire au malade".

Date d'acquisition
21/11/2013
Origine des dons
Service des orthoprohésistes du CHU de Rennes
Numéro d'inventaire
CPHR - 2013.257
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes