Armoire d’officine de Paimpol

L’armoire d’officine de Paimpol est un buffet en chêne à double corps :

  • le corps inférieur comporte six placards à double portes surmontés de douze tiroirs. Les portes des placards sont équipées de boutons métalliques et les tiroirs de poignée en forme de coquille. Ces portes présentent des moulures rectilignes.
  • le corps supérieur présente : quatre niches avec chacune sept étagères et un placard central. Les niches, dans leur partie haute, sont encadrées par deux demi-cintres ornés dans les angles de sculptures. Elles sont bordées de colonnes. Le placard central est fermé par deux portes en bois plein ornées de deux quarts de cintre et de guirlandes de fleurs et de feuilles.
  • Le meuble présente une corniche rainurée débordant sur la face antérieure et sur les faces latérales.

Le style de ce meuble évoque l’Art Nouveau apparu en Europe à la fin du XIXe siècle.

Vingt-huit pots de pharmacie en verre de couleur bleu, à bouchons métalliques peints en rouge et or, à étiquettes en céramique blanche identifiant le contenu, sont disposés sur les étagères.

Entre 1850 et 1935, Paimpol est un port de pêche morutière très actif. Paimpol est à son apogée en 1895 pour l’armement de la grande pêche en Islande et compte 200 mâts dont 82 navires islandais. Les goélettes fabriquées par le chantier naval Laboureur sont un si bel exemple d’architecture navale que les plans ont servi de modèle pour la construction de la Belle Poule et de L’Étoile, célèbres bateaux-école de la Marine nationale.

Poussés par la misère, les pêcheurs sont obligés de se soumettre à des cadences infernales dans un milieu hostile, sans confort ni sécurité. Souvent atteints de scorbut, ils sont rendus alcooliques par le régime suivi sur les lieux de pêche pour pouvoir tenir. Beaucoup disparaissent en mer au cours de nombreux naufrages dramatiques.

“Pêcheur d’Islande” est un roman français de Pierre Loti (1850-1923), paru en 1886. Ce roman fut le plus grand succès de son auteur.

En 1891, il fait fabriquer son mobilier de pharmacie par un ébéniste local. Il le lègue ensuite à ses successeurs. Sa petite-fille Françoise Rougier, elle même pharmacienne, en fin de carrière donne une partie du mobilier de l’officine au Conservatoire du Patrimoine Hospitalier de Rennes “pour qu’il reste en terre bretonne en souvenir de son grand-père”. F. Rougier fait aussi don des bocaux pharmaceutiques disposés sur le meuble (18/01/2019) . Une restauration  de l’armoire s’impose avant son installation plus définitive au conservatoire.

Matériaux - Techniques
Bois, métal
Fabricant / Période
Ebéniste exerçant dans la région de Paimpol à la fin du XIXe siècle
1891
Dimensions

Corps supérieur : H : 2,62 m ; L : 4,20 m ; P : 30 cm
Corps inférieur : H : 0,85 m : L : 4,10 m ; P : 36 cm

État
Moyen
Destination

Ce meuble d'officine est destiné à recevoir dans des pots en verre les matières premières destinées à la fabrication des préparations de phytothérapie. La phytothérapie désigne le traitement fondé sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels. Ce mot vient du grec « phytos » qui signifie plante et « therapeuo » qui signifie soigne.

Date d'acquisition
10/07/2018
Origine des dons
Françoise Rougier, 6 rue Georges Brassens 22500 Paimpol
Numéro d'inventaire
CPHR - 2018.19
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes