Coffret d’électrothérapie de Chardin

Cet appareil est situé dans un coffret de bois dont le couvercle porte une poignée et une étiquette Charles CHARDIN Paris. La face avant comprend un système de fermeture. Sur un des côtés, une poignée ovale permet d’ouvrir un clapet.

L’appareil est composé d’une petite bobine d’induction recouverte d’une enveloppe verte sur laquelle est inscrit : « A..VOLTA FARADIQUE N°5 CHARDIN ». Elle comporte à une de ses extrémités un graduateur cylindrique qui permet de régler l’intensité du courant.

À gauche de la bobine est insérée une pile carbone-zinc, plongée dans une solution d’acide sulfurique et de bichromate de potasse. Cette pile a la particularité d’être enrobée de porcelaine blanche comportant sur sa partie supérieure  trois orifices : l’orifice central sert à positionner l’électrode en carbone, solidement retenue par un bouchon ; deux autres orifices  permettent, l’un, d’introduire l’électrode en zinc dans l’électrolyte, l’autre de la conserver au sec en période de non utilisation. Cet orifice correspond à un logement cylindrique qui ne communique pas avec le reste du récipient.

À gauche de la pile, une vis pointeau  sert à régler la fréquence des interruptions dans le primaire à l’origine du courant induit. Un interrupteur à lame permet à l’opérateur d’initier manuellement le courant induit.

Devant  la bobine, trois bornes servent à brancher les deux excitateurs, l’un en forme de balai, l’autre muni d’un tampon de peau de chamois à une de ses extrémités. Selon que l’on utilise le couple de bornes 1/2, 1/3 ou 2/3, on obtient le courant inducteur, le courant induit ou la somme des deux.

L’ouverture du clapet donne accès à une trappe dans laquelle sont rangées deux poignées et deux fils de connexion, rouge et vert, Les poignées peuvent être vissées sur les excitateurs.

Le couvercle affiche sept schémas légendés, expliquant le fonctionnement de l’appareil ainsi qu’une étiquette Charles Chardin 5 rue de Châteaudun Paris.

 

Charles Chardin (1850-1930) est un inventeur français d’appareil d’électrothérapie. Il pensait que l’on pouvait agir sur la circulation du sang, la lymphe et les muscles des vaisseaux en appliquant une tension électrique entre différentes régions du corps. Sa méthode visait une action générale sur l’organisme, avec l’ambition de guérir diverses maladies. Il est l’auteur de deux précis d’électricité médicale parus en 1909 et 1917.

Entre les années 1880 et 1930, l’électricité médicale a joui en France d’un grand succès auprès des médecins et des patients. Tous les appareils de production d’électricité ont été proposés par leurs inventeurs pour une utilisation à des fins médicales.

Guillaume Duchenne de Boulogne (1806-1875), considéré comme le fondateur de l’électrothérapie en France publie l’ouvrage « De l’électrisation localisée » en 1855.  Arsène D’Arsonval (1851-1940) enseigne au Collège de France en 1895 sur « Les applications de l’électricité sur les êtres vivants ». On reconnaît à l’électricité une action sur un très grand nombre de situations pathologiques,  douleurs, maladies inflammatoires, paralysies, diabète ou obésité, troubles de la circulation sanguine etc.

Le premier service d’électrothérapie est fondé en 1875 à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris par le docteur Romain Vigouroux. À partir de 1890, de nombreux cabinets privés s’équipent en matériel d’électrothérapie.

Cependant l’arrivée de la radiologie à partir des années 1900 va détourner l’intérêt des médecins et l’électrothérapie disparaît peu à peu du champ médical à partir des années 1930.

Matériaux - Techniques
Bois, céramique, métaux
Fabricant / Période
Chardin
ca 1850
Dimensions

H : 13 cm ; L : 16.5 cm ; P : 8.5 cm

État
Moyen.
Destination

L'appareil est destiné au traitement de nombreuses maladies par administration de courant faradique émis par une bobine alimentée par une pile.

Précision d'utilisation

L'appareil d’électrothérapie de Chardin fonctionnait avec un générateur de courant très faible relié à deux électrodes, l’une placée à la tête du patient et l’autre sur la région malade. L’idée était de faire passer une tension électrique entre deux zones du corps pour agir sur la circulation, la lymphe, les muscles et les vaisseaux, dans l’espoir de traiter la maladie. Chardin pensait qu’il ne fallait pas utiliser de courants forts, mais au contraire des courants très faibles, parce que le courant « naturel » de l’organisme est lui-même extrêmement faible. Son approche se distinguait donc des électrothérapies plus brutales, fondées sur des chocs ou de fortes intensités.

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Date d'acquisition
01/04/2026
Origine des dons
Famille Courtais
Numéro d'inventaire
CPHR - 2021.40
Copyright
© Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes